oct 26 2009

Yes, we can (sic)

Catégorie : Attends, je réchéflis..., Cercle des Fifrelins JobardsCarlton Jacquier @ 23:53

A Poudlard, on reçoit des invités de marque. Et pour ouvrir le bal, c’est la charmante (ben quoi ? si ça se trouve, je vais décrocher un stage à CNN grâce à cet adjectif bien placé) Hala Gorani qui s’y est collée.

Hala Gorani

Hala Gorani, c’est une madame sympatoche, même si elle est très vieille du haut de ses 39 ans (oui, parce qu’au-delà de 28 ans, on est un senior). Née à Seattle (aux States) avec des origines syriennes, elle a grandi à Neuilly, est allée à l’université aux States, puis à Sciences Po Paris. Bref, aucune Google Map ne serait assez large pour contenir son parcours d’un seul coup d’œil. Après avoir travaillé à La Voix du Nord, elle a fait un passage de cinq minutes (sic) à France 3. Où on lui a subtilement fait comprendre que si elle n’est pas allée à Poudlard, elle ne pourra jamais percer. Alors elle tente le concours de l’école mais échoue à deux reprises. Lasse, elle décide de partir. Mais pour de vrai, hein. Elle se rend alors à Londres et aux States où elle finit par couvrir l’actualité internationale chez CNN. Et maintenant, c’est une star de CNN. Et vu que j’ai pris l’ascenseur avec elle, ben, je suis une star aussi.

Même si je gagne beaucoup moins qu’elle. Après un acharnement que seuls des journalistes expérimentés et merveilleux peuvent démontrer, elle a fini par révéler qu’elle gagne un million d’euros par mois et qu’elle prévoit de s’acheter une île où elle fondera sa propre école de journalisme.

Ce qui est bien avec Hala Gorani, c’est qu’elle a un message très Yes-We-Can à faire passer. Par son parcours d’abord, mais aussi dans ce qu’elle dit. Exemple :

Vous pouvez vous installer où vous voulez avec votre ordinateur et une connexion Internet.

Evidemment, quand on a de l’argent, c’est mieux, mais ça marche aussi sans une fortune colossale. Je crois que le message essentiel d’Hala, c’est que des voies d’accès existent toujours. On nous serine sans arrêt que le journalisme est devenu un milieu hermétique. Qu’au bon vieux temps, les vendeurs de journaux à la criée devenaient grands reporters en 6 mois et rédacs-chef en deux ans. Alors, oui, bon, ça, c’est effectivement derrière nous (et Dieu merci, hein, parce qu’engager des Gavroche, faut peut-être pas pousser Mémé dans les orties non plus).

Mais comme le dit si justement Hala (lèche-bottes complaisant qui veut bosser à CNN ? moi ?), il y a de nouveaux moyens à notre disposition. On n’a plus besoin de vendeurs à la criée, n’en déplaise à Durmstrang (*private joke*), mais de combien de regards frais disposons-nous sur des zones du monde dont tout le monde se contrefiche ? Le journaliste n’est pas forcément là où il y a du buzz. C’est justement en se démarquant, en ayant sa propre griffe, qu’il parvient à apporter quelque chose au lecteur.

Il faut être heureux d’être différent.

*violons*

Elle a également évoqué les différences entre le journalisme anglo-saxon et les médias de l’Hexagone. De l’autre côté de la Manche et de l’Atlantique, on est dans le direct live à fond. Ça bouge, ça pulse, ça s’en va et ça revient. En France, on est plus posés, plus timorés, plus enregistrés. L’info’ y est plus polie, plus lisse. Et puis, on est plus gentil avec l’invité politique. On ne cherche pas à le mettre en difficulté, à lui montrer ses contradictions ou ses erreurs, ni même à le forcer à répondre à la question posée. A l’inverse, dans l’English-speaking world, le journaliste se perçoit beaucoup plus comme un contre-pouvoir. Du coup, il n’hésite pas. Avec le sourire ou en montrant les crocs, peu importe, il y va.

Au vu de l’évolution des ventes dans les deux worlds, on ne peut pas dire qu’un modèle vaut mieux que l’autre. C’est juste que nous, visages du journalisme de demain, avons tout à apprendre et à inventer. Dans le journalisme aussi, le change est en marche.

Tags: , ,


oct 26 2009

On va tous mourir

Catégorie : Cercle des Fifrelins JobardsCarlton Jacquier @ 23:12

Quoi de neuf à Poudlard ? Eh bien, figurez-vous que ce retour de week-end fut chargé en émotions. Pour la première fois depuis au moins… plein de jours (j’ai arrêté les maths en CE2 alors compter au-delà de 3, c’est difficile), l’ensemble de la promo a été réunie par Michel Denisot, histoire de ne pas avoir à parler deux fois pour dire la même chose. Il a évoqué le programme des prochains invités, et il n’y a que du beau monde. Enfin, je crois, parce que Wiki n’est pas très prolixe sur Jean-Xavier de Lestrade.

Puis, nous avons repris une activité normale à ciao bon dimanche (désolé, un automatisme) en nous rendant chacun dans nos salles de cours. Mais pas pour très longtemps. Figurez-vous qu’une heure à peine après nous être assis, nous avons tiré au sort nos sujets de reportage pour la journée. « Dites un chiffre entre 1 et 10« , lance Alastor. J’ai évidemment choisi le 7, mais Jafar a fait de même, alors j’ai dû me le coltiner tout le long de mon reportage. Ces sorciers maléfiques, j’te jure… Bref.

En compagnie de Jafar, nous nous sommes rendus au Cabinet des Médailles et Antiques, le nom pompeux du Cabinet des Médailles et Antiques, quoi. Et quand tu vois la description :

Un centre de documentation et d’étude dévolu à la numismatique, la sigillographie et la glyptique.

tu as juste envie de te demander où sera le truc intéressant dans ton reportage. Un peu dubitatifs, nous nous sommes donc vaille que vaille rendus sur les lieux du crime, insidieusement situé à 5 minutes à pied de Poudlard. Le musée aux pièces n’ouvrait qu’à 13 heures, alors nous avons patienté en haut d’un magnifique escalier en marbre revêtu d’un tapis rouge en lisant le prospectus de présentation. Vue la taille du musée, on s’est quand même demandé comment 20 personnes faisaient pour travailler à l’intérieur. Pour apprendre par la suite qu’à l’instar des pièces exposées, il y avait une certaine rotation, et que les salariés n’y étaient pas en permanence.

Alors que nous comptions effectuer des interviews exclusives de papys venus faire partager leur passion pour les pièces de monnaie à leurs petits-enfants sceptiques devant ces objets non-virtuels mais quand même placés derrière un écran-vitrine, le scoop nous est tombé dessus sous la forme d’une étudiante de l’Ecole du Louvre. Je ne me souviens plus exactement de la façon dont elle l’a dit, mais ça aurait pu ressembler à ça :

- « Salut les mecs. C’te p*tain d’escalier où vous traînez comme des vieilles godasses, ben y s’ra plus là avant longtemps, c’est moi qu’vous l’dis. »
- « Diantre ! De quelle sinistre nouvelle vous êtes la porteuse !« , répondis-je.
- « AHAHAHAHAHAHAHAH ! Mes rêves de destruction et de fin du monde s’accomplissent enfin ! AHAHAHAHAHAH !« , ricana Jafar.

Nous comprîmes alors que nous étions tombés sur un scoop. Ce que beaucoup de monde ignore, c’est que le Cabinet est peut-être le plus vieux musée d’Europe. Et même s’il n’est pas au top du hit-parade avec ses 30 visiteurs/jour, ce n’est pas une raison pour le détruire.

En gros, le projet, c’est de remettre aux normes le site Richelieu et de le réaménager. D’ici 2014, ce sera le tour de l’aile qui abrite le musée. Seulement, dans les plans qui ont été soumis jusque là, ben, le Cabinet ne réapparaît pas après les travaux. Ce qui est un peu embêtant, vu que lesdits travaux étaient espérés par les salariés du Cabinet afin d’avoir plus d’emplacements pour l’exposition de pièces. Heureusement pour eux, même si les travaux de l’autre aile ont quelque peu commencé, on est encore dans un joli flou artistique quant au devenir de l’aile du Cabinet. Le remplacement de celui-ci par une salle de réception à louer n’est pas définitivement actée. Mais c’est quand même inquiétant.

Fort de ces informations cruciales, je rédigeai mon papier et le rendis à temps pour bénéficier d’un petit-déjeuner gratuit que je relaterai demain.

Tags: ,